À l’heure actuelle, les règles de présentation des risques dans le Document de référence sont éparpillées entre le Code de commerce, le Règlement européen du 29 avril 2004, une recommandation de CESR et les normes IFRS. Autant dire qu’il peut être difficile de s’y retrouver dans ce maquis réglementaire. Or, en ces temps troublés, le sujet est particulièrement sensible.
La recommandation de l’AMF sur les facteurs de risques vient de paraître. Elle détaille la présentation qui doit être faite des risques et a vocation à remplacer l’interprétation n°2 du Guide d’élaboration des Documents de référence datée du 30 janvier 2006. Un éclairage utile, tant sur les obligations réglementaires que sur les attentes du régulateur.
Avant de détailler chaque risque, l’AMF commence par rappeler les principes généraux qui doivent guider la présentation de l’information relative aux facteurs de risques.
4 principes de présentation de l’information relative aux risques:
1. Être clair et précis. Ce rappel vise à éviter les communications purement formelles et standardisées qui ne renseignent pas le lecteur en raison de leur généralité ;
2. « Les sujets non significatifs n’ont pas à être mentionnés, et encore moins détaillés » ;
3. L’impact des risques sur les résultats et le patrimoine de la société doit être quantifié ;
4. Les renvois sont admis, à la double condition d’effectuer une présentation synthétique du risque considéré dans la partie dédiée aux risques, et de procéder à des renvois clairs permettant au lecteur de s’y retrouver facilement.
Ces principes étant posés, l’AMF attire cette année l’attention sur deux types de risques particuliers.
Les risques juridiques: la nouvelle recommandation de l’AMF est plus détaillée que la précédente. On distingue plusieurs catégories de risques juridiques, ceux liés à l’activité, les risques avérés liés au non-respect d’engagements contractuels et les litiges significatifs. Sur ce dernier point, l’AMF rappelle les exigences du règlement européen au titre des procédures judiciaires et arbitrages :
- Indiquer sur les 12 derniers mois toute procédure gouvernementale, judiciaire ou d’arbitrage qui pourrait avoir ou a eu des effets significatifs sur la situation financière ou la rentabilité de l’émetteur ;
- Ajouter une mention type portant engagement qu’il n’existe pas d’autre procédure que celles évoquées.
Les risques de crédit et/ou de contrepartie : l’AMF précise que leur importance pour l’émetteur peut amener celui-ci à les présenter sous la forme d’un sous-chapitre complémentaire intitulé « Risques de crédit/contrepartie ». Il s’agit de fournir les éléments suivants :
- Informations chiffrées sur les expositions par pays et/ou secteurs d’activités et sur la qualité des contreparties ;
- Informations sur la manière dont le risque est géré par l’émetteur (dispositif de suivi, de dépréciation des créances, etc).
- Informations additionnelles sur les pertes résultant d’impayés ou de défaillances de contrepartie enregistrées à la clôture, de dépréciations constatées et de leur incidence sur le résultat.
Par ailleurs, en cas de risque de dépendance vis-à-vis des clients, il convient de préciser le chiffre d’affaires réalisé avec le premier client, les 5 premiers et les 10 premiers lorsqu’ils représentent une part significative du chiffre d’affaires, et de fournir des informations synthétiques sur les créances clients, en précisant le montant de créances échues mais non recouvrées.
D’une manière générale, s’agissant des risques de liquidité et de marché (taux, changes, matières premières, actions et autres instruments financiers), l’AMF recommande d’utiliser le plus souvent possible des tableaux, dont elle propose d’ailleurs des modèles identifiés dans les documents de référence des émetteurs et considérés comme de bonnes pratiques. Signalons enfin qu’une partie de la recommandation est dédiée au VaMPs. Il s’agit d’un rappel de la recommandation du 9 janvier 2008 à leur intention sur la rédaction de leurs Documents de référence. L’AMF montre ainsi son intention de maintenir le cap de sa politique en faveur de contraintes adaptées aux petites et moyennes valeurs.
Andréa Bonhoure

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