Valeurs moyennes, ceci vous concerne ! Connaissez-vous votre consommation d’eau sur ces trois dernières années ? Et votre consommation de pétrole, de gaz, d’électricité ? Savez-vous quelle est la moyenne d’âge de vos salariés ? Connaissez-vous le taux d’absentéisme dans votre entreprise ?
Telles sont quelques unes des questions auxquelles IDMidCaps vous propose de répondre jusqu’au 31 juillet prochain dans le cadre d’une étude lancée en collaboration avec la Commission développement durable de la SFAF. L’objectif ? Développer, sur la base des informations qui seront collectées grâce à ces questionnaires le premier indice ISR (Investissement socialement responsable) dédié aux valeurs moyennes : GAIA Index.
Rappelons en quelques mots ce qu’est l’ISR. L’investissement socialement responsable, ce sont les critères non financiers pris en compte par un investisseur dans sa décision d’investissement. Cela concerne essentiellement la gouvernance, le social et l’environnement. Le but ? Encourager la responsabilisation de l’entreprise. Le poids de ces éléments non financiers ne cesse de prendre de l’importance depuis quelques années et il semble que cette tendance s’installe de manière durable. En témoigne le fait que les grands groupes y accordent de plus en plus d’attention et consacrent de larges parties de leur rapport annuel à leur politique vis-à-vis des salariés, de l’environnement ou encore les efforts accomplis pour développer de bonnes pratiques en matière de gouvernance.
Une contrainte de plus songeront certains, surtout en cette période où il s’agit de préparer la présentation des comptes semestriels…Et si au contraire il s’agissait de faire des économies, d’améliorer le fonctionnement de l’entreprise, de mieux connaître ses salariés ? Et si au fond, tout le monde s’y retrouvait ?
Trois questions à Gaël Faijean, président d’IDMidCaps
Peut-on demander aux valeurs moyennes de répondre aux exigences de l’ISR alors qu’elles ont déjà du mal à satisfaire aux contraintes de la cotation ?
Je ne pense pas qu’elles aient réellement le choix car c’est une tendance lourde aujourd’hui. Les fonds ISR ont connu une croissance de 88% en 2007 en France. Ce qui signifie qu’il s’agit d’une réelle attente des investisseurs. Il me semble que l’époque du show off et de la consommation à tous crins est révolue et qu’elle cède la place à une nouvelle ère de responsabilité. En tant que père de famille, j’y suis naturellement sensibilisé et je pense que je ne suis pas le seul. Cela étant, vu sous l’angle du business pur, les entreprises ont tout intérêt à s’investir dans une démarche de développement durable. Car cela signifie par exemple des économies d’énergie, une meilleure organisation de la gestion qui ne peut aller que dans le sens d’une meilleure gestion des risques et même, pour ce qui relève du sociétal, c’est-à-dire du caritatif, une excellente argumentation de communication. L’essentiel est de comprendre que c’est une démarche où tout le monde est gagnant.
Pensez-vous que les valeurs moyennes soient déjà sensibilisées à cette question ?
Pour l’instant, nous venons de lancer les questionnaires. Il y en a trois, un dédié à l’industrie, un autre aux services et un troisième à la distribution. La date limite des réponses est fixée au 31 juillet. Nous publierons les conclusions de l’étude vraisemblablement début octobre, lorsque les valeurs moyennes auront achevé la présentation de leurs résultats. Pour ce que nous savons en l’état, il me semble que la sensibilisation est encore assez faible et qu’il va falloir faire preuve de pédagogie pour démontrer que ce n’est pas une mode mais une attente réelle qui ne va aller qu’en s’amplifiant. Il va falloir démontrer aussi que les entreprises ont tout à y gagner. Notamment parce que cela va devenir un moyen de se démarquer de la concurrence. En outre, la mise en œuvre d’une politique de gouvernance, environnementale, sociale et sociétale, témoigne au sein de la société de l’existence d’une vraie stratégie de maîtrise des risques, ce qui rassure les investisseurs même s’ils ne s’inscrivent pas directement dans une démarche d’investissement socialement responsable.
Vous évoquez un questionnaire dédié à chaque grand secteur, les entreprises ayant des activités polluantes sont-elles également concernées ?
Bien sûr, il ne s’agit pas de les exclure. Je dirais même que la démarche est inverse. Plus une activité est polluante, plus il est intéressant de connaître les moyens qu’elle met en œuvre pour limiter cette pollution. Notre démarche est pragmatique, l’idée n’est pas de revenir à l’âge de pierre en niant les apports indispensables de la modernité.
Quand lancerez-vous l’indice ?
Dès que nous disposerons d’une base d’information suffisante. D’où l’importance que les valeurs moyennes investissent du temps pour répondre à notre questionnaire. Si nous avons recueilli suffisamment de données d’ici octobre, il sera lancé dès cette année. Dans le cas contraire, nous attendrons l’année prochaine et les résultats de notre prochaine enquête.
Andréa Bonhoure

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