Cela fait un certain temps que les émetteurs ont mis le sujet sur le tapis. Mais cette fois-ci, ils semblent en passe de se faire entendre. En tout cas, une réflexion sur le Balo est au menu du Haut Comité de Place et, selon nos informations, un texte de loi est en préparation qui devrait aller dans le sens de leurs revendications. D’autant que le groupe de travail de l’AMF qui s’est penché sur les valeurs moyennes a conclu à la nécessité de revoir les obligations de publication au Balo pour les petites et moyennes valeurs. Alors pourquoi ne pas l’étendre à l’ensemble des sociétés cotées ?
Un petit rappel de ce qu’est la Balo n’est pas superflu. C’est l’un des services de la Direction des Journaux Officiels, elle-même rattachée au Premier ministre. A ce titre, elle est placée sous l'autorité du Secrétariat Général du Gouvernement et dirigée par un Préfet, nommé en Conseil des ministres. Ce bulletin a été créé par un décret du 27 février 1907, publié au Journal officiel du 1er mars 1907, sous le titre, à l'époque, de Bulletin annexe du journal officiel. Il a ensuite été abrogé par un décret du 27 mai 2005 qui fait du Balo un support entièrement dématérialisé. La mise en ligne est assurée par les personnels de la Direction des Journaux officiels, 3 jours par semaine.
Bref, malgré cette dématérialisation du Balo, ce dernier garde tout d’une administration dans son mode de fonctionnement. Une administration qui n’a évidemment pas les mêmes priorités que les marchés financiers :
- Il n’est ouvert que 3 jours sur 5, et accuse parfois un certain retard dans les publications en période de rush. Du coup, les émetteurs arrivent difficilement à coordonner leur politique de publications régies par différentes obligations (Balo ou AMF).
- Il est assez contraignant, puisqu’il impose aux entreprises de ressaisir les informations à publier, d’où des risques d’erreurs et la nécessité de procéder à des relectures minutieuses.
- Un format également rigide qui rend l’information encore plus indigeste.
- Enfin, le coût est non négligeable. Les prix sont définis par un arrêté officiel, le dernier datant du 23 décembre 2006. Il fixe le prix de la ligne de 72 caractères à 3,91 euros. Connaissant l’inflation des informations légales à publier, la facture peut être salée, surtout pour des entreprises de taille moyenne. MiddleNext estimait récemment qu’elle était en moyenne de l’ordre de 15 000 à 20 000 euros pour une valeur moyenne.
On le voit donc, les griefs sont nombreux. Les principales organisations professionnelles représentant les émetteurs sont mobilisées, en particulier le Medef et le Cliff.

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