Au cours des dernières semaines nous avons abordé à plusieurs reprises le thème de l’évolution vers un langage appelé XBRL. Les témoignages de Gilles Maguet - association XBRL - et de François Meunier - Président de la DFCG – (voir la rubrique « technologies ») soutenaient cette initiative visant à créer un langage informatique international commun pour les données financières. Il semblerait cependant que tous les acteurs ne soient pas de cet avis ; certains émettent mêmes des réserves sérieuses quant aux conséquences sur la qualité de la communication financière.
Côté banques, les choses sont installées : depuis le 30 juin dernier, les établissements bancaires sont tenus d’établir leur reporting à la Banque de France sous le format XBRL. Cela concerne, d’une part, le reporting commun pour le ratio de solvabilité – COREP ou COmmon solvancy ratio REPorting - et, d’autre part, le reporting commun pour les états financiers – FINREP ou FINancial REPorting. La démarche des Autorités bancaires s'inscrit dans une réflexion plus globale que mènent actuellement sur ce sujet plusieurs autres régulateurs, ainsi que la Commission européenne. Rappelons notamment que la SEC conduit une expérience pilote en coopération avec 40 entreprises (Voir à ce sujet : http://www.sec.gov/spotlight/xbrl.htm)
Que pensent les représentants des entreprises françaises de cette évolution technologique ?
Pour le moment, les avis restent pour le moins partagés. Durant le premier semestre, l’AFEP, Association Française des Entreprises Privées, a organisé une réunion dans le but de recueillir les avis, opinions et observations sur le sujet. Certaines sociétés ont souligné que d’autres langages ou formats de données peuvent être utilisés. En outre, plusieurs professionnels de la finance d’entreprise estiment que l’utilisation du langage XBRL, qui implique une normalisation des données, présenterait un risque significatif de « rigidifier » l’information financière. Ce langage poserait en effet des difficultés pour transcrire les informations dites narratives, les informations non exclusivement quantitatives, ou encore les informations non normalisées.
Il existerait, en outre, un risque en matière de communication financière car un tri de l’information opéré à partir du langage XBRL pourrait conduire à sortir l’information de son contexte et à ne pas tenir compte de sa matérialité.
Certaines entreprises soulignent également que la traduction des données (étiquetage) doit être opérée manuellement à partir des taxonomies, c’est-à-dire à partir des dictionnaires de données qui peuvent être différents selon les utilisations. Certaines de ces taxonomies sont établies et mises à jour par des institutions comme l’IASB, le FASB, les régulateurs bancaires, certaines administrations nationales…
Concernant la question de l’utilisation à des fins externes, nombre d’entreprises estiment que le coût de l’investissement correspondant doit revenir aux dits utilisateurs externes, au régulateur, à l’administration fiscale…

Commentaires