On en reparle. Les quatre lettres XBRL (eXtensible Business Report Language) font effectivement parler d’elles dans les milieux financiers. Ce langage qui vise à simplifier la communication, l’analyse, la comparaison des états financiers et les échanges d’informations financières commence à s’imposer au niveau international. Où en sommes-nous en France ? Gilles Maguet, Secrétaire général de l'association XBRL France, répond aux questions de Reginfo, le blog.
- Une nouvelle version de la taxonomie des Etats financiers français qui s’appelle maintenant taxonomie Comptes Annuels est en préparation. Quel est le calendrier ?
Gilles Maguet : Nous avons présenté une première version de la taxonomie Etats financiers lors de la journée du 21 juin dernier organisée par l’association mais celle-ci ne comprenait pas les annexes. Depuis le groupe de travail s’est donc concentré sur la finalisation en incluant les annexes aux Etats financiers. Notre objectif est, bien sûr, de proposer une taxonomie de l’ensemble des documents relatifs aux Comptes Annuels, c’est-à-dire les liasses comptables plus toutes les annexes. La nouvelle version devrait être disponible fin 2007- début 2008.
- Comment les utilisateurs potentiels pourront-ils se la procurer ?
G. M : En nous contactant. C’est un travail réalisé par l’association XBRL France. Cette taxonomie dans sa version actuelle est accessible aux membres de l’association. Il en sera de même pour la taxonomie Comptes Annuels.
- Lors de la conférence de juin dernier, vous sembliez dire que la France était en retard sur le sujet. Pour quelles raisons ?
G.M : Il me semble effectivement que la France, pays précurseur en ce qui concerne l’utilisation de l’EDI (les Echanges de données informatisés) pour la transmission des liasses fiscales, fait preuve de retard pour ce qui est de la dématérialisation des états financiers. Or, la liasse fiscale sert aux déclarations d’impôts et beaucoup de sociétés françaises réalisent encore leurs déclarations comptables sous forme papier. Les greffes récupèrent ces informations et les ressaisissent. D’autres entreprises se cantonnent à réaliser seulement une liasse fiscale, ce qui n’est pas vraiment légal.
Certains autres pays limitrophes marquent une avance. C’est notamment le cas de la Belgique qui a mis en place un portail qui récupère les informations de façon obligatoire. Les sociétés ont deux possibilités : soit elles transmettent directement les informations financières sur le portail, soit elles utilisent un des logiciels certifiés répondant aux normes belges de la taxonomie relative aux comptes annuels. Aujourd’hui, quelque 200 000 sociétés sur les 350 000 sociétés concernées rendent déjà leurs comptes annuels en XBRL en utilisant les systèmes à base d’une taxonomie Compte Annuels Belges, mis à disposition par la Banque Nationale de Belgique. Soulignons qu’en Belgique la déclaration des comptes annuels en XBRL est obligatoire. D’autres pays Européens, comme le Royaume Uni, l’Espagne ou l’Italie, ont mis en place ou envisagent également la mise en place d’un portail similaire.
- Quel est votre message envers des émetteurs réticents ?
Je dirais qu’il existe un avantage indéniable pour les émetteurs car la taxonomie XBRL représente un format d’échange ouvert au même tire que Open Office par exemple, et qu’il a sa place dans le reporting interne des entreprises. L’utilisation de la taxonomie Comptes Annuels apportera de la souplesse dans le domaine du reporting. Le monde entier s’est lancé dans l’utilisation de ce langage informatique XBRL. Pourquoi la France ne le ferait-elle pas rapidement ?
Pour plus d’informations : www.xbrl.org/fr

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