XBRL (eXtensible Business Reporting Language), 4 lettres dont vous entendrez de plus en plus parler. Il s’agit d’un langage qui vise à simplifier la communication, l’analyse, la comparaison des états financiers et les échanges d’information financière. Il commence à s’imposer internationalement, et en France.
Des autorités de régulation comme la Commission Bancaire de la Banque de France l’ont déjà adopté et imposé aux banques au travers des Etats COREP (Common REPorting) et FINREP (FINancial REPorting) que les établissements de crédits doivent transmettre à partir de juin 2007.
Pour sa part, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) commence à s’y intéresser et a mis en place un groupe de travail au sein de la Commission Consultative dite "Emetteurs", et qui doit rendre un avis pour fin juin.
En Europe et dans le monde les avancées sont spectaculaires. Citons des pays comme le Royaume-Uni, les Pays-bas ou l’Espagne qui adoptent massivement XBRL, autant pour ce qui concerne les directions des Impôts que les régulateurs de marché ou bancaires, en passant par les greffes ou les centrales des bilans.
Aux Etats-Unis le régulateur bancaire requiert le reporting de 8300 banques en XBRL et la SEC (l’équivalent de l’AMF) met en place un programme massif de reporting des sociétés cotées en XBRL avec refonte de la base EDGAR (Electronic Data Gathering, Analysis, and Retrieval system) en XBRL. Il est intéressant de noter que l’Autorité de contrôle américaine a mis en place un site d’information ad hoc qui comporte notamment une partie interactive permettant aux personnes intéressées de tester l’utilisation du langage XBRL. http://www.sec.gov/spotlight/xbrl (voir : home/xbrl initiatives)
Les analystes, le monde de l’information financière, ainsi que les entreprises, ne sont pas en reste quant à leur participation dans le consortium XBRL, puisque des sociétés comme Altares, la Coface ou bien le groupe Suez ont rejoint XBRL France comme la trentaine d’autres membres.
XBRL France est une association loi 1901 rattachée à XBRL International et localisée au sein du Conseil supérieur de l’Ordre des Experts Comptables - http://www.xbrl.org/fr
Le langage XBRL (eXtensible Business Reporting Language) est fondé sur le standard XML (eXtensible Markup Language), exploité - parfois sans que vous le sachiez - dans la plupart des outils bureautiques. Comme tout système linguistique, il permet de composer des textes grâce à une grammaire (la spécification XBRL) et un vocabulaire matérialisé par un dictionnaire de données - une taxonomie.
Les atouts de ce langage sont nombreux. En passe de devenir un standard, ce format est totalement indépendant des plates-formes tant matérielles que logicielles. Unique au monde, il est lui-même fondé sur d’autres standards comme, par exemple, les codes de devises ISO. De ce fait, les données ne sont pas ambiguës. Elles sont réutilisables dans n’importe quel pays et dans n’importe quelle langue. En langage XBRL, dans la mesure où un seul référentiel comptable est utilisé (les IFRS par exemple), la notion de revenu sera la même au Japon, en Espagne, en Grande-Bretagne… ou en France. La donnée n’est plus piégée dans un système informatique propriétaire et est donc lisible par tous.
Les contraintes et les formats existants aujourd’hui représentent également un surcoût pour les intermédiaires financiers et les analystes qui sont aussi contraints, au pire, de ressaisir les informations, et au mieux, de les retraiter.
Alors, bien sûr, vous pouvez rester en dehors, mais ces 4 petites lettres ont toutes les chances de vous rattraper un jour ou l’autre. Il vaut donc mieux les connaître dès aujourd’hui.
A ce stade, il est possible de participer à l’élaboration française des taxonomies.
Pour en savoir plus : http://www.xbrl.org
A propos de l’auteur
Gilles Maguet est Secrétaire Général XBRL France - gilles.maguet@xbrl.fr
De formation ingénieur et en comptabilité - finance, avec une expérience du monde des logiciels de gestion, Gilles Maguet intervient en tant qu'expert dans les domaines du reporting financier, et notamment dans ses aspects techniques, et organisationnels depuis plusieurs années. Il contribue depuis le début au développement d'XBRL en Europe et en France et a fait partie du secrétariat permanent du consortium XBRL in Europe, un groupement formé des organisations telles que PriceWaterhouseCoopers Audit, XBRL UK, ou bien l'International Accounting Standards Committee Foundation (IASCF).
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Que pensez-vous de la solution XBRL ? Cette uniformisation de langage informatique est-elle souhaitable pour les utilisateurs d’information financière ? S’inscrit-elle comme une nécessité ? Envisagez-vous une bascule au sein de votre société ? A quelle échéance ? Comment les analystes perçoivent-ils ces avancées vers plus de standardisation des données ?

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