Category Archives: Information périodique

Le document de référence a son Label Transparence

Dans le prolongement des Grands Prix de la Transparence décernés chaque automne depuis 3 ans, les documents de référence publiés en 2013 pourront bénéficier d’un label permettant de valoriser immédiatement les efforts des sociétés qui s’engagent dans une démarche de transparence vis-à-vis de leurs actionnaires, des investisseurs et du public.

Les Grands Prix de la Transparence récompensent en effet un nombre limité de sociétés, 9 en 2012, alors qu’elles sont nombreuses à élaborer et publier chaque année un document de référence de qualité. Les Grands Prix sont en outre attribués au mois d’octobre sur la base d’un classement établi sur des documents publiés 6 mois auparavant.

Le lancement d’un Label Transparence, initiative prise sous l’égide du Comité Scientifique des Grands Prix, permet de distinguer de manière plus dynamique les documents de référence, dès leur publication, et de valoriser le travail de toutes les sociétés qui établissent un tel document, sous réserve de remplir les conditions d’attribution du Label.

Quant aux lecteurs de l’information réglementée, ils auront l’assurance à travers ce label que les documents de référence labellisés remplissent un nombre significatif de critères en matière d’accessibilité, de précision, de comparabilité et de disponibilité et ont été établis selon les meilleures pratiques. Le Label a ainsi été présenté à la Commission des émetteurs de la SFAF qui lui a réservé un accueil favorable.

Le Quang Tran Van, Directeur de Labrador Conseil, nous explique le fonctionnement du Label Transparence.

Qui peut solliciter l’attribution du Label Transparence ?

Le Label Transparence  s’adresse à toutes les sociétés qui publient un document de référence.  L’attribution du Label se fait après le contrôle du respect de certaines conditions et, en particulier, que le document de référence atteint la note exigeante requise sur l’échelle de la Transparence. Le Label sera apposé uniquement sur le document de référence et sera valable pendant la durée de validité du document.

Sur la base de quels critères le Label est-il attribué ?

La Transparence du document de référence est évaluée sur la base de 47 critères objectifs permettant d’attribuer une note sur une échelle de 100. Ces critères sont les mêmes que ceux utilisés chaque année pour décerner les Grands Prix de la Transparence. Rappelons que ces critères sont validés par un Comité scientifique indépendant et s’articulent autour des 4 piliers de la Transparence : l’accessibilité, la précision, la comparabilité et la disponibilité.  La méthodologie du Label est publique et accessible sur le site Internet de Labrador : http://www.labrador-company.com/fr/label_transparence.asp.

Quand aura lieu la première attribution ?

Dès cette année, c’est-à-dire sur les documents de référence publiés en 2013 et portant sur l’exercice 2012. La note exigeante permettant d’obtenir le Label est ainsi fixée pour 2013 à 67 sur 100.

Propos recueillis par Andréa Bonhoure

Les grands sujets de la rentrée

Alors que l’actualité va s’endormir doucement durant ces quelques semaines de trêve estivale, il nous a semblé utile de faire le point sur les dossiers en cours qui ne manqueront pas de rebondir à la rentrée. Ces dossiers, nous les avons évoqués sur ce blog au fil des mois, nous vous invitons donc à vous reporter aux articles mis en lien pour plus d’explications.

Bruxelles veut réformer les règles de gouvernance

Parmi les sujets donc  qui, à coup sûr vont animer la rentrée, la gouvernance devrait tenir une place de choix. Le commissaire européen Michel Barnier a publié le 5 avril un Livre vert sur la gouvernance en Europe dont nous vous parlions ici. Dans les grandes lignes, les principes évoqués par celui-ci ne sont pas très différent des pratiques françaises excepté sur deux points principaux, l’existence d’un comité des risques distincts du comité d’audit et le vote de l’assemblée sur la rémunération du président. L’annonce d’une réforme dans les mois qui viennent n’est pas à exclure. Précisons au passage que l’IFA vient tout juste de publier sa position sur le sujet, laquelle rejoint celle de l’ECODA, l’institut européen des administrateurs. Parallèlement, l’AMF a mis en place un groupe de place sur les assemblées générales le 11 mai dernier. La publication des travaux est annoncée pour la fin de l’année.  Rappelons au passage que Michel Barnier a également ouvert une réflexion sur une éventuelle réforme du droit européen des sociétés le 21 avril. La consultation de place s’achève le 22 juillet.

Paris face à la concurrence internationale des bourses

S’agissant du marché parisien, Christine Lagarde a confié en juin dernier à Gérard Rameix, Médiateur du crédit et Thierry Giami, président de l’Observatoire du financement des entreprises « une mission de concertation et de propositions pour un financement efficace et disponible des PME-ETI par le marché dans le contexte d’internationalisation croissante des Bourses ». Le rapport est attendu pour octobre. D’ores et déjà, les institutions de place préparent leur réponse. Middlenext réclame la création d’un marché dédié aux PME dont la gestion serait confiée non plus à Euronext mais à la CDC ainsi qu’à d’autres acteurs type banques et assurances. La place réfléchit également sur les moyens d’encourager l’investissement à long terme, en particulier dans les valeurs petites et moyennes.

Le feuilleton de la convergence entre les IFRS et les USGAAP continue

Il faudra également avoir un œil sur l’évolution de l’audit et de la comptabilité. En publiant fin mai un projet qui envisage de reculer l’adoption des IFRS aux Etats-Unis de plusieurs années, la SEC a semé le trouble en Europe. Et pour cause ! Le programme de convergence entre les IFRS et les US GAAP lancé en 2006 a obligé l’IASB à  engager un vaste plan de refonte de ses normes et, au final, les Etats-Unis qui devaient prendre position d’ici la fin de l’année semblent décider à retarder l’échéance d’au moins 5 ans ! Du coup, les entreprises européennes ont le sentiment d’avoir enduré toutes ces réformes pour rien. Plus profondément, l’Europe commence à contester la légitimité de la présence américaine au sein des instances comptables internationales. Si elle se justifiait dans le cadre d’une adoption rapide des IFRS par les Etats-Unis, elle n’a plus lieu d’être dès lors que ceux-ci tergiversent. Pour l’heure, rien n’est encore définitif, mais le sujet agite beaucoup les esprits. Indépendamment de cette question politique, il faudra surveiller à la rentrée les projets de refonte des normes IFRS relatives aux contrats de location, chiffre d’affaires, instruments financiers et contrats d’assurance. Leur adoption, initialement fixée au 30 juin dernier, a en effet été repoussée et l’IASB va continuer de consulter sur ces textes dont l’application est prévue pour 2015.

L’audit sur le grill

Enfin, s’agissant de l’audit, on attend un projet de réforme de la part de la Commission européenne au mois de novembre prochain. Celui-ci s’inscrira dans le prolongement du Livre vert sur le sujet publié par Michel Barnier (encore lui !) le 13 octobre 2010. Trois axes président aux travaux : la qualité de l’audit, l’harmonisation européenne et la déconcentration du marché. L’idée consiste à tirer les leçons de la crise en renforçant la sécurité de l’information financière. Pour l’heure, les auditeurs s’inquiètent surtout de voir que Bruxelles continue d’envisager d’imposer la rotation automatique des cabinets. Une solution qui leur parait lourde, coûteuse et contreproductive…

On l’aura compris, la rentrée sera agitée. En attendant les vacances et autre chant des cigales, nous vous donnons rendez-vous la semaine prochaine pour notre dernier billet de la saison.

Andréa Bonhoure

Un Small business Act européen…enfin !

Les marchés d’actions européens sont en panne. Non seulement il n’y a presque plus d’introductions en bourse depuis deux ans, mais surtout on constate une baisse constante du nombre de sociétés cotées au sein de l’Union qui découle de la diminution des introductions mais aussi des décisions de retrait. La crise, songeront certains. Pas seulement, dans le rapport qu’il vient de remettre à Christine Lagarde le 18 mars, dans lequel il propose un « Small business act européen », Fabrice Demarigny, directeur des marchés de capitaux chez Mazars, pointe des faiblesses structurelles. En cause ? La législation européenne, celle-là même qui a permis en 10 ans de créer un marché financier unique européen. Car les directives Transparence, Prospectus et autres souffrent d’un défaut de « fabrication » majeur, elles ont été taillées sur mesure pour les grands groupes cotés et s’avèrent ainsi à l’usage inadaptées aux petites et moyennes valeurs. Résultat ? Celles-ci hésitent à entrer sur les marchés, quant aux sociétés déjà cotées, elles préfèrent se délister, estimant que le rapport coût/bénéfice de la cotation n’est pas à leur avantage. Le rapport note en effet que pour les petites capitalisations, les frais d’introduction en bourse peuvent atteindre 6 à 10% des levées de fond contre 2 à 3% pour les sociétés plus importantes. Par la suite, les coûts de cotation pour les entreprises dont la capitalisation est inférieure à 150 millions d’euros s’échelonnent entre 150 000 et 500 000 euros !

Bienvenue aux SMILEs européennes !

Il apparaît donc urgent de revoir le système et de mettre en place un véritable statut pour les PME européennes cotées. Cela commence par la nécessité de leur donner un nom. Fabrice Demarigny propose de les appeler les SMILEs, ce qui constitue l’acronyme de Small and medium-sized Issuers Listed in Europe. On observera au passage que la tentation de rendre ces sociétés plus attractives se traduit par des dénominations originales, les SMILEs européennes faisant écho aux fameuses VAMPs françaises !

La deuxième étape nécessite de définir les SMILEs. A ce sujet, le rapport choisit de procéder par voie de seuils. Ainsi, la société qui s’introduit en bourse sera considérée comme une SMILE dès lors que sa levée de fonds sera inférieure à 75 millions d’euros. Par ailleurs, une fois cotée, la société ne devra pas dépasser 35% de la capitalisation moyenne sur les marchés réglementés de l’Etat d’origine de l’émetteur. On aurait pu imaginer un seuil en numéraire, mais pour l’auteur du rapport il y avait un risque que le seuil retenu soit trop élevé pour certaines places et trop faible pour d’autres, d’où le choix d’un pourcentage de capitalisation.

Adapter les règles relatives à l’information financière

Ces éléments étant posés, le rapport émet ensuite plusieurs propositions qui répondent au double objectif d’adapter la réglementation aux petites et moyennes valeurs cotées, et d’encourager l’investissement dans ces sociétés.

L’adaptation du statut touche tous les domaines liés à la cotation, de la comptabilité au contrôle interne, en passant par l’information financière. Ce blog étant dédié à l’information financière, concentrons-nous sur les propositions qui touchent à celle-ci.

Le rapport préconise d’abord de relever le seuil des offres en dessous duquel le prospectus n’est pas obligatoire. Actuellement fixé à 2,5 millions d’euros, il pourrait être élevé à 5, voire 10 millions d’euros. Ensuite, il évoque la nécessité de réduire le format du prospectus à 50 pages pour les SMILEs. Pour autant, l’auteur du rapport n’entend pas diminuer les garanties offertes aux investisseurs en allégeant les exigences réglementaires, mais souhaite plutôt les proportionner et offrir ainsi des informations plus pertinentes au marché. Par exemple, l’investissement étant plus risqué dans les petites sociétés que dans les très grandes, le rapport préconise de renforcer la section « facteurs de risque ». A l’inverse, les sections relatives à l’aperçu des activités, aux actions, titres de créances et instruments dérivés, ou encore aux informations sur les tendances, pourraient être réduites. Par ailleurs, il s’agirait d’exiger non plus 3 mais 2 années d’informations historiques. En ce qui concerne le rapport annuel, la directive Transparence n’étant pas d’harmonisation maximale, le rapport note que les sociétés doivent respecter leur droit national, ce qui les amène à accomplir plusieurs fois les mêmes formalités dans des formats différents. Il souligne que « une complète harmonisation de l’obligation relative à la publication des rapports annuels constituerait donc une simplification importante ». En attendant une harmonisation générale pour toutes les sociétés, le rapport préconise un format unique et entièrement harmonisé pour toutes les SMILEs afin de réduire les coûts et les formalités auxquels elles sont sujettes. Par ailleurs, il recommande d’étendre de deux à trois mois le fameux délai de publication des semestriels, et de ne rendre obligatoires les déclarations trimestrielles intermédiaires des dirigeants que trois ans après l’admission du SMILE aux négociations sur un marché réglementé. Voilà pour l’information financière. Les autres propositions, nombreuses, visent à adapter les règles de gouvernance et de contrôle interne, ainsi qu’à permettre aux SMILEs d’appliquer le référentiel IFRS PME, actuellement dédié aux PME non cotées.

Quant aux mesures destinées à encourager l’investissement dans ces sociétés, la plus notable consiste à créer une plateforme européenne de négociation commune afin de remédier à la désertification des compartiments dédiés aux SMILEs. Ces sociétés continueraient d’être cotées sur les marchés de leur choix et les introductions demeureraient locales, mais la plateforme offrirait un accès simple et direct à l’ensemble des SMILEs européennes.

Christine Lagarde a choisi de recevoir le rapport non pas à Paris mais à Bruxelles, marquant ainsi sa volonté de donner dès l’origine une dimension européenne aux travaux réalisés. Il s’agit désormais de convaincre les autres pays de l’Union de la pertinence de la position française…

Le rapport est consultable ici Par ailleurs, nous vous recommandons de lire ou relire l’interview de Caroline Weber que nous avions réalisée il y a quelques semaines sur le code de gouvernance des valeurs petites et moyennes conçu par l’association Middlenext. L’une des propositions du rapport Demarigny consiste à encourager la conception de ce type de code adapté aux SMILEs.

Andréa Bonhoure

La réforme des franchissements de seuil prend forme…lentement !

L’ordonnance réformant le régime des franchissements de seuil, dans le prolongement de la loi de modernisation de l’économie et du rapport Field est parue au Journal officiel le 31 janvier dernier.

Pour autant, certains se demanderont, à juste titre, pourquoi le texte législatif ne reprend que quelques dispositions du rapport. Rappelons en effet que celui-ci s’articulait autour de trois axes :

- La réforme des franchissements de seuil destinée à lutter contre les prises de contrôles rampantes ;
- L’assouplissement du régime des déclarations d’intention ;
- L’abaissement du seuil de déclenchement des offres obligatoires à 30%, voire pourquoi pas, à 25%.

En réalité, le législateur s’en est tenu aux réformes nécessitant son intervention et a renvoyé soit à un décret, soit au règlement général de l’AMF, le soin de compléter le dispositif sur le terrain réglementaire. La balle est donc dans le camp du régulateur.

L’avis du spécialiste

Nous avons demandé à Christian Guilluy, avocat associé chez Shearman & Sterling, de nous éclairer sur le nouveau dispositif issu de l’ordonnance ainsi que sur les propositions de réforme du rapport Field qui restent à mettre en œuvre…ou pas.

Le blog de Reginfo : Quelles sont les innovations concrètes contenues dans l’ordonnance du 30 janvier s’agissant des franchissements de seuil ?

Christian Guilluy : L’ordonnance, suivant en cela les recommandations contenues dans le rapport Field, décide que le calcul de seuils devra désormais inclure les actions déjà émises susceptibles d’être acquises par le déclarant, en vertu d’un contrat ou d’un instrument financier à terme. En revanche, s’agissant des contrats  d’exposition économique dénouables en cash, en pratique les equity swaps , elle ne les inclut pas dans le calcul, contrairement aux recommandations du rapport Field. L’ordonnance prévoit que de tels contrats devront faire l’objet d’une déclaration séparée dès lors qu’ils ont un effet économique similaire à la possession d’actions. C’est à l’AMF qu’est renvoyée la tâche ingrate de définir une telle similarité. Il est heureux que l’ordonnance ait écarté l’intégration de ces contrats dans le calcul des seuils car cela aurait obligé une société à déclarer un franchissement de seuil alors même que l’acquisition d’actions et de droits de vote n’était techniquement pas possible, sauf cas de fraude. Or, il existe d’autres moyens pour réprimer et sanctionner de telles fraudes.  Il n’était donc pas utile de compliquer davantage le dispositif, lequel l’est déjà bien assez. En effet, il faut éviter que la sophistication des déclarations soit telle qu’elle nuise à la lisibilité de l’information par le marché, en lui donnant par exemple faussement le sentiment que le déclarant augmente sa part de capital, alors qu’il peut n’en être rien. Remarquons, à cet égard, que le seuil de 3% qu’il était proposé d’ajouter à ceux existants, n’a finalement pas été repris dans l’ordonnance.

BR. : S’agissant toujours des franchissements de seuil, qu’en est-il de l’empty voting consistant à emprunter des titres juste avant une assemblée ?

CG. : L’ordonnance, mais ce n’était pas non plus son objet,  n’apporte pas de solution aux problèmes de transparence soulevés par cette pratique. Le rapport Field avait suggéré l’esquisse d’une première réponse, partielle et imparfaite, en ramenant à quatre jours de bourse le délai de la déclaration, ce qui obligerait celui qui entendrait exercer les droits de vote attachés à des actions acquises à la date limite de leur présentation à effectuer une déclaration de franchissement de seuil au plus tard le jour même de l’assemblée. Cette question, qui relève d’un décret en Conseil d’Etat, n’est pas tranchée.

BR. : L’ordonnance réforme également le régime des déclarations d’intention. Quel est l’intérêt du nouveau régime ?

CG. : Le texte ajoute deux nouveaux seuils de déclaration d’intention à 15% et à 25%, en sorte que les intentions devront désormais être renouvelées lors du franchissement des seuils de 10%, 15%, 20% et 25% en capital et en droits de vote. L’ordonnance assouplit la portée de ces déclarations. L’horizon prospectif de ces intentions est, en effet, ramené de un an à 6 mois. Surtout, il est désormais possible, sous réserve d’en informer le marché, de changer librement d’intentions  sans avoir à justifier ce changement par une modification importante des circonstances extérieures. Tout en contenant des informations plus détaillées sur la stratégie et les opérations qu’envisage l’émetteur, ces déclarations devraient donc perdre le caractère vague et non engageant qu’on leur connaissait et permettre de détecter au mieux la stratégie poursuivie, ce qui est une excellente chose. L’ordonnance renvoie à un décret le soin de préciser le délai de cette déclaration. Il est probable que la recommandation du rapport Field consistant à l’aligner sur la déclaration de franchissement de seuil sera suivie.

BR. : Reste l’éventuel abaissement du seuil de déclenchement d’une offre obligatoire qui ne figure pas dans la réforme…

CG. : En effet, le Code monétaire et financier dispose que la fixation de ce seuil relève de la compétence de l’AMF. Le rapport Field recommandait qu’il soit redéfini de manière à le rapprocher de la notion de contrôle de fait, ou « d’emprise importante », qu’il estimait être établi par une détention de  30% et, pourquoi pas, de 25%. Pour ma part, je n’arrive pas à me convaincre du caractère indispensable d’une telle réforme. Après tout, il n’existe pas, à ma connaissance, de société importante dans laquelle un actionnaire détenant moins d’un tiers du capital disposerait à lui seul de la majorité des postes au  conseil d’administration. A supposer que l’AMF veuille néanmoins abaisser le seuil de l’offre obligatoire, elle devra statuer sur la coïncidence entre le niveau et le mode de calcul des déclarations de franchissements de seuils légaux et ceux applicables à l’offre obligatoire. Pour le niveau de l’offre obligatoire, sauf à créer un improbable nouveau seuil d’essence purement réglementaire, l’AMF devra choisir entre le maintien du seuil du tiers ou un seuil de 25%, qui – faut-il le souligner – n’est retenu dans l’Union Européenne que par la Slovénie et, à titre subsidiaire, par la Hongrie. On peut également s’interroger sur la nature des titres entrant dans le calcul de ce seuil. Doit-il rester calqué sur les règles de calcul du franchissement de seuil prévues par l’ordonnance ? Pourrait-il aller jusqu’à englober les equity swaps ? Si tel devait être le cas, il y aurait un risque de compliquer sérieusement le régime de l’offre obligatoire en l’imposant à des personnes qui n’auraientt pas encore effectivement acquis les actions constituant le seuil déclenchant cette obligation lourde et exorbitante du droit commun.

Andréa Bonhoure

 

Tiens ! IOSCO est venu à Paris…

Cela se passait la semaine dernière à Paris : l’OICV (Organisation internationale des régulateurs de valeurs mobilières) ou encore IOSCO pour les anglo-saxons (International Organization of Securities COmmitte) tenait sa 33ème conférence annuelle. Coup de projecteur sur un organisme international qui monte en puissance …..

De quoi s’agit-il, se demanderont certains ? L’OICV, c’est l’organisation internationale qui réunit l’ensemble des régulateurs boursiers mondiaux. Cet organisme privé, inspiré à l’origine par les Etats-Unis, a été fondé en 1983. Il regroupe aujourd’hui  plus d’une centaine de membres, parmi lesquels les régulateurs eux-mêmes bien sûr, mais aussi les entreprises de marchés, diverses associations etc…Son rôle ? Définir des standards mondiaux en matière financière, harmoniser l’action des régulateurs et apporter une aide technique aux régulateurs des places émergentes.

Quel rôle y joue la France ? Elle y est très visible. Michel Prada, le président de l’Autorité des Marchés Financiers,  est actuellement à la tête du comité technique de l’organisation qui constitue l’organe moteur. Par ailleurs, Hubert Reynier, secrétaire général de l’AMF, préside le comité Asset Management de l’OICV. Par le passé, l’institution avait déjà connu plusieurs présidences françaises. L’influence de notre pays est donc loin d’y être négligeable.

Quels sont les pouvoirs de l’OICV ? Juridiquement, c’est un organe privé qui n’a donc pas la possibilité d’imposer ses décisions. Mais politiquement, l’influence de l’OICV ne cesse de croître. Elle est devenue membre récemment du Forum de la stabilité financière, ce qui équivaut à la reconnaissance officielle de son rôle de standard setter en matière de régulation de valeurs mobilières. Par ailleurs, l’une des missions du FMI consiste à s’assurer que ses décisions sont appliquées.

Parmi les récents faits d’armes de l’OICV, il faut signaler les réflexions menées, à la suite des événements du 11 septembre 2001, sur l’indépendance des auditeurs, la lutte contre la criminalité financière, la gestion des conflits d’intérêts chez les analystes et les agences de notation, ou encore les principes d’information et de transparence financières. Ces réflexions ont influencé les réglementations nationales et régionales adoptées par la suite pour restaurer la confiance sur les marchés, en particulier les directives européennes Transparence et Prospectus. Plus récemment, l’OICV a créé une task force pour réfléchir sur les conséquences réglementaires à tirer de la crise des subprime dont les conclusions ont été présentées la semaine dernière. En dehors des sujets « de crise », l’institution mène aussi des réflexions de fond sur l’évolution des marchés. Ainsi à l’heure actuelle dans le domaine de la gestion, elle travaille sur le prospectus simplifié, les hedge funds ou encore l’adaptation de ses standards aux nouveaux fonds type fonds immobiliers ou encore trackers.  En d’autres termes, les travaux de l’OICV ont une incidence concrète sur le monde financier, même si l’organisme est peu connu et semble un peu loin des centres décisionnels.

Et la conférence annuelle ?

A l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la conférence de l’OICV à Paris, la ministre de l’économie, Christine Lagarde, a souligné que les conclusions de l’OICV et du Comité de Bâle sur la crise des subprime avaient servi de base à la définition du plan d’action du G7 dont les grandes lignes sont :

- Une plus grande transparence des banques sur leurs pertes et risques,

- La révision du code de bonne conduite des agences de notation,

- Le renforcement de la coopération des régulateurs dans la lutte contre les abus de marché.

Au passage, la ministre a indiqué que la présidence de l’Europe serait pour la France l’occasion de défendre un renforcement de la régulation européenne : « Concrètement, il s’agit de renforcer les pouvoirs des réseaux européens de superviseurs ainsi que d’améliorer l’efficacité et l’intégration de la supervision des groupes transfrontières, notamment au travers de la directive assurance Solvabilité 2 et de la révision de la directive Bâle 2 ».

 

Les travaux qui ont  suivi se sont concentrés sur les grands thèmes de l’actualité des marchés. L’évolution de la comptabilité internationale, la titrisation, les marchés de dérivés ou encore les fonds souverains. Sans oublier bien sûr la crise des subprime. Le rapport de IOSCO sur ce sujet a été rendu public le 28 mai, il est consultable sur le site de l’institution à l’adresse suivante :

 

http://www.iosco.org/library/pubdocs/pdf/IOSCOPD273.pdf

 

Evidemment, les agences de notation sont au cœur des préoccupations de ce rapport. L’OICV a annoncé l’introduction de recommandations complémentaires dans le code qui les régit destinées à :

- renforcer la transparence sur les méthodes de notation,

- préciser le champ exact de la notation,

- distinguer la notation des produits simples et celle des produits complexes.

Un futur régulateur mondial ?

Quand on les interroge sur l’évolution de l’OICV dans les années à venir, les responsables de l’organisation se défendent de toute ambition de devenir un régulateur mondial. Leur rôle, ils insistent, consiste uniquement à travailler à l’harmonisation des standards et de la régulation. Mais leurs travaux sont en train de prendre une dimension inédite. A l’origine en effet, l’OICV avait été conçu pour faciliter le développement des marchés grâce à l’adoption de standards mondiaux et à la coordination de la régulation. Les deux crises financières qui viennent d’affecter les marchés en l’espace de quelques années n’ont pas modifié fondamentalement cette mission, mais elles lui ont donné une légitimité nouvelle : accroître la coopération internationale est devenu la condition indispensable pour assurer la sécurité des marchés. Sacrée responsabilité !

Andréa Bonhoure

Executive finance forum à Brighton

L’ Executive Finance Forum se tiendra le mardi 9 octobre 2007 à Brighton au Royaume-Uni - The Brighton Centre

Ce forum 2007, organisé en coopération avec les sociétés HP,  British Telecom et l‘ifs School of Finance, est centré sur le thème : « Banking on the Global Electronic Society». Seront passés en revue les évolutions technologiques et leurs impacts sur le fonctionnement des Places financières, notamment celle de Londres.
Des analystes et des professionnels détailleront et analyseront les tendances en se centrant sur quatre axes :

Qui est mon client ? Construire une connaissance commune du client pour fédérer et instaurer la confiance.

  • L’interconnexion des canaux de distribution et le développement des solutions mobiles.
  • L’évolution des paiements face aux  problématiques de fraude et de blanchiment.
  • Comment mieux contrôler les risques pour obtenir de meilleurs résultats et comment maîtriser la blogosphère ? 

La veille, le lundi 8 octobre, se tiendra une pré-conférence avec de nombreux ateliers organisés sur le thème du Service Oriented Architecture (SOA) 
Les informations relatives à cette manifestation peuvent être consultées sur le site : www.itug.org

Le Salon et Forum de la Communication Financière

Le 12 novembre 2007

Le Salon et Forum de la Communication Financière

Toujours organisé sur le principe d’une seule journée, le salon forum de la communication financière permet aux professionnels de mesurer l’évolution des technologies et techniques de communication en libre accès, au travers de tables rondes et d’ateliers thématiques.

Entre chaque atelier ou table ronde les décisionnaires de la communication financière rencontrent les principaux intervenants du secteur.

Les nouveautés de l’édition 2007

- Un espace concentré autour des ateliers : le deuxième étage du Palais Brongniart
- Un espace d’accueil particulièrement convivial pour les visiteurs et les partenaires/exposants
- Pas plus de deux ateliers au même horaire
- Un accès strictement réservé aux invités (Relations Investisseurs et leurs équipes)
- Une remise du prix du « Relation Investisseurs » de l’année 2007

Renseignements :
Pascal Birenz-Weige
Responsable du Salon
pb@questioncomfi.com

Actionaria 2007, dixième édition

Les 16 et 17 novembre 2007

La dixième édition du Salon Actionaria se tiendra les 16 et 17 novembre 2007 au Palais des Congrès, à Paris.

Les exposants, qui représentent la principale raison d’une visite à Actionaria, se répartissent en deux grands groupes : les sociétés cotées et les intermédiaires financiers. En 2006, quelque 150 exposants se partageaient 2.500 m² de stands et 110 conférences, débats et ateliers de toutes sortes.

Plusieurs espaces seront proposées aux visiteurs : Grandes capitalisations ; Small et MIDCAPS ; gestion privée ; Bourse en ligne  et Analyse technique.

En 2007, Actionaria est organisé avec le concours de la société Deloitte et de nombreux medias, des diffuseurs d’informations financières, et avec le soutien de nombreux organismes et associations professionnelles.

Le programme des conférences sera disponible à partir du 26 septembre 2007.

Pour plus d’informations : www.actionaria.com 

5ème édition de Financium organisée par la DFCG

5ème édition de Financium les mardi 11 et mercredi 12 décembre 2007

Le symposium 2007 des dirigeants de la finance et de la gestion est un rendez-vous annuel organisé par la DFCG, l’Association nationale des directeurs financiers et de contrôle de gestion.

Le programme inclut quatre conférences plénières, 12 tables rondes d’experts, 2 déjeuners débats et 32 ateliers. Une soirée de gala au Cirque d’hiver Bouglione clôturera ces deux journées.

A cette occasion, sera remis le 8ème Trophée du Directeur financier. Créé en 2000 par la DFCG, le Figaro et Hudson, ce prix récompense les directeurs financiers qui participent à la mise en œuvre d’une stratégie gagnante pour l’entreprise et qui contribue à la valorisation de la fonction. 

Pour plus d’informations : www.financium.tarsusgroup.com

Conférence annuelle de l’IR Magazine

L’IR Magazine organise sa conférence annuelle « Continental Europe Conference & Awards »  le mardi 11 octobre à Paris (Hotel Westin Paris, entre 8h30 et 17).

Cette manifestation permet de réunir chaque année quelques 350 représentants européens du secteur de la communication financière et de l’information financière.
Comme chaque année, la journée s’achèvera avec la remise des Awards 2007 : Grand Prix for best overall investor relations (Big cap) ; Grand Prix for best overall investor relations (Small & mid cap); Best investor relations officer (Big cap): Best investor relations officer (Small & mid cap)….

Le programme de la journée et la liste des nominés pour les Awards 2007 sont disponibles sur le site : www. www.thecrossbordergroup.com