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Offres publiques en 2009, un bien triste bilan

Dire que l’année 2009 n’a pas été un grand cru en matière d’opérations de marché relève du doux euphémisme. Encore faut-il, au-delà des impressions, se pencher sur les faits. Le cabinet Ricol Lasteyrie a eu la bonne idée de publier le 10 mars une étude sur les offres publiques en 2009.

L’étude révèle que seulement 27 offres publiques ont été soumises à l’AMF en 2009 contre 40 en 2008, soit une baisse d’un tiers. Mais les offres publiques n’ont pas seulement baissé en nombre, ce sont aussi les valorisations qui ont chuté. La totalité du capital visé par les offres publiques s’est élevé à 3 milliards d’euros contre 20 milliards l’année précédente. Et toutes les comparaisons sont à l’avenant. Ainsi, les auteurs de l’étude observent encore que les 5 plus grandes opérations en 2009 ont totalisé 333 millions d’euros contre 10,7 milliards un an plus tôt. De même, la première opération de 2009 par la taille – l’achat de 100% de Wavecom – équivaut à la cinquième en 2008 – GL Trade.

Au-delà des statistiques, déjà très parlantes, l’analyse qualitative des opérations est riche d’enseignements. Ainsi les auteurs notent-ils que les opérations réalisées avaient davantage pour objet de renforcer le pouvoir plutôt que de le prendre, ce dont témoigne le fait que seules 9 opérations ont été lancées par des tiers contre 19 par l’actionnaire de l’entreprise ou l’entreprise elle-même. Une situation qui s’explique par les difficultés du secteur bancaire qui ont compliqué les financements de croissance externe. Par ailleurs, certains actionnaires ont profité de la baisse des cours pour monter au capital, voire sortir les sociétés de la cote. C’est ainsi que 10 entreprises sont sorties de la cote : Distriborg, Léon de Bruxelles, Net2S, Evialis, Softway Medical, GDSA (ex-Billon), MeilleurTaux, EGTN, Provimi et IPO.

En conclusion, les auteurs de l’étude notent que 2009 marque clairement un coup d’arrêt par rapport aux années précédentes. Le fait le plus significatif à leurs yeux est l’absence totale d’opération d’envergure. «Nous sommes clairement dans un environnement de crise caractérisé par une forte perte de confiance. Celle-ci se traduit par la difficulté à établir des perspectives de croissance sur le moyen terme, la difficulté à concilier les cours de bourse et la valorisation intrinsèque des entreprises, enfin, la difficulté à obtenir des financements», explique Sonia Bonnet-Bernard.

Andrea Bonhoure

 

Sonia Bonnet-Bernard

Bonnet_bernard

Titulaire d’une Maîtrise de Sciences et Techniques Comptables et Financières de Paris Dauphine, expert comptable et commissaire aux comptes Sonia Bonnet-Bernard a rejoint Ricol Lasteyrie en 1998 en qualité d’Associée, en charge notamment des missions d’évaluation, de conseil comptable et d’arbitrage ou gestion de litiges. Elle est membre de l’Autorité des Normes Comptables et vice-présidente de la Société Française des Evaluateurs (SFEV).

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