Nous vous annoncions dans le billet précédent la publication en exclusivité des premiers résultats de l’analyse réalisée par Labrador sur les rapports financiers semestriels 2009.
Les voici donc.
Précisons que notre étude a porté sur les sociétés du CAC 40 clôturant au 31 décembre (ce qui exclut Air France KLM, Alstom et Pernod Ricard). Nous avons comparé les documents produits avec l’étude publiée par l’AMF le 20 mai 2009 sur l’information semestrielle 2008. Le document est consultable ici.
Un effort de timing…
La publication des semestriels étant caractérisée, depuis l’entrée en application de la directive Transparence il y a trois ans, par certains embarras de calendrier dus à la trêve estivale. Il est intéressant de relever que la date moyenne de publication des rapports financiers s’établit cette année au 10 août contre le 15 août l’an dernier. Les sociétés publient donc plus vite : 16 publications en juillet, 20 en août et 1 en septembre. En moyenne, la publication des rapports financiers semestriels intervient dans les deux jours qui suivent le communiqué sur les résultats.
Toutefois, on observe un point faible : la traduction en anglais. Si 36 sociétés de l’échantillon ont publié en français dans les temps (et une le 1er septembre), en revanche, elles n’étaient que 29 à avoir publié la traduction au 1er septembre. Les versions anglaises déjà publiées sont sorties en même temps que les versions françaises (sauf un cas, le lendemain). Parmi les retardataires, on notera que 4 ont publié leur version française fin août, tandis que les 4 autres avaient publié avant. Voilà qui témoigne sans doute de difficultés d’organisation dès lors que les retardataires en français le sont aussi en anglais.
Sur la forme, on observe quelques discordances en ce qui concerne le titre du document. Ainsi, 73% de l’échantillon baptisent leur rapport « Rapport financier semestriel », 12% optent pour un simple « Rapport semestriel » et 9% optent pour une autre appellation, tandis que 6% réalisent une « Actualisation du document de référence ». Le phénomène est encore plus marqué dans les traductions. La majorité (52%) a retenu « First half » ou « Half year financial report ». Les autres utilisent « Interim report » ou « Interim financial report » (21%), voire « First half », ou « Half year report » (17%). Voilà qui pourrait mériter un effort d’harmonisation, même si nous convenons bien volontiers que tout le monde comprend de quoi l’on parle. Simplement, cela faciliterait la recherche des documents.
Pour rappel, l’expression française définie dans le Règlement général de l’AMF est « Rapport financier semestriel », et l’expression anglaise recommandée par le CESR (Committee of European Securities Regulators) est « Half yearly financial report ». Lorsqu’il s’agit d’une actualisation du document de référence, l’expression la plus claire est « Actualisation du document de référence 2008 incluant le rapport financier semestriel », et sa traduction la plus exacte, « Update of the 2008 registration document including the half yearly financial report ».
…mais quelques omissions encore dans les contenus
Voyons maintenant le contenu. D’une manière générale, on observe encore quelques omissions au regard des recommandations publiées par l’AMF l’an dernier à l’issue de l’examen par le régulateur des semestriels 2008.
Premier constat : un presque sans faute sur les comptes. Comme l’an dernier, toutes les sociétés du CAC40 ont publié dans leur rapport des comptes consolidés résumés à l’exception d’une seule qui publie l’intégralité de ses comptes consolidés. En revanche, une société de droit étranger n’a pas publié la déclaration des responsables du document ni le rapport des commissaires aux comptes. Une autre société de droit étranger n’a pas non plus publié le rapport des auditeurs, en soulignant toutefois que ses comptes n’étaient pas audités.
Deuxième constat : des rapports semestriels d’activité plus ou moins complets
Le rapport semestriel d’activité doit contenir des informations sur les événements importants survenus durant le semestre, sur les risques et sur les transactions entre les parties liées. Toutes les sociétés ont présenté les événements importants, souvent dans une logique thématique par métier et sans les distinguer du déroulé de l’illustration des données chiffrées.
En revanche, elles ne sont que 83% à avoir évoqué les risques et incertitudes. Trois d’entre elles ne mentionnent rien, deux renvoient brièvement au document de référence et une y fait référence seulement dans le chapitre comptes consolidés.
De même, elles ne sont que 72% à indiquer les transactions avec les parties liées dans le rapport d’activité. Les autres les présentent en annexe des comptes consolidés (14%) quand elles ne les omettent pas tout simplement (14%).
L’AMF observait l’an dernier que le rapport semestriel d’activité avait été l’occasion pour les sociétés de mettre à jour les prévisions ou objectifs sur la croissance du chiffre d’affaires et le niveau de marge opérationnelle. Il en est de même cette année. 72% de notre échantillon se livre à l’exercice, dont 8% pour simplement commenter le contexte économique et/ou sectoriel, et 64% pour fournir des objectifs sur résultat concernant un ou plusieurs postes. Si l’on observe ces objectifs de plus près, on note qu’ils portent à 31% sur la marge opérationnelle, le résultat opérationnel ou le résultat avant impôt, à 19% sur le chiffre d’affaires, 14% sur le résultat net, et 14% sur le cash flow (la somme de ces pourcentages dépasse 100 car certaines sociétés fournissent plusieurs informations).
Signalons enfin que la taille du document varie de 22 pages pour le plus synthétique à 136 pour le plus volumineux, soit une moyenne de 71 pages. Il n’y a cependant pas de corrélation entre la taille du document et son caractère exhaustif. Ainsi, certains rapports très courts contiennent toutes les informations quand d’autres, plus longs, souffrent d’omissions.
Andréa Bonhoure

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