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ACTUALITÉS DE L'INFORMATION RÉGLEMENTÉE

Les sociétés cotées peuvent-elles se contenter de l’information réglementée ou doivent-elles en faire plus afin d’animer le marché de leur titre et contribuer à une juste valorisation boursière ?

La plupart des discours sur la vie des titres oublient l’impérieuse nécessité pour les sociétés cotées d’attirer l’attention des investisseurs et de capter leur confiance.

La priorité est donnée à l’INFORMATION REGLEMENTEE, contrôlée, auditée, surveillée par les experts-partenaires des sociétés cotées, commissaires aux comptes, auditeurs, juristes…. Les messages qui en résultent, après avoir été validés par le Conseil d’Administration – parce que toujours placés sous la responsabilité des émetteurs, quelles que soient les interventions extérieures – sont diffusés au marché d’une manière de plus en plus large, c’est-à-dire mis en ligne, conformément aux obligations de la Directive Transparence.

Quels sont les plus et les moins de cette information réglementée :
- une meilleure comparabilité d’un pays à un autre, appuyée sur un document de référence dont beaucoup de pays européens souhaitent s’inspirer ;
- une comparaison sectorielle facilitée, de nature à mieux guider l’investisseur ;
- la " sécurité " d’une information fiable mettant en relief les fondamentaux de la Société ;
mais, en revanche, on constate aussi :
- le caractère court-termiste de l’information, notamment avec les comptes trimestriels, puisque la notion de vision de l’avenir n’est pas encore vraiment résolue. Qui oserait, à notre époque de compétitivité internationale, affirmer que tel groupe devrait connaître une progression de x % de son chiffre d’affaires ou de sa marge ?
- le cadrage un peu étroit de ce que l’on peut dire et ne pas dire, le risque étant d’en dire plus ou différemment de ce qui est officiellement agréé.

Aux Etats-Unis, il apparaît clairement que, depuis le Sarbanes-Oxley Act, le management et les IROs sont devenus très frileux dans leur dialogue avec les analystes ou les investisseurs.
En complément, et non pas en substitution, de cette information réglementée, relativement statique et fermée, il existe heureusement une INFORMATION DYNAMIQUE, à laquelle les sociétés cotées continuent d’avoir recours pour attirer les investisseurs, tout en respectant le principe d’égalité de traitement entre les actionnaires.

C’est la raison d’être des rencontres, " one on one ", " road-shows ", réunions d’actionnaires, " Investors ‘ Day ", qui permettent aux sociétés d’apporter aux investisseurs une information vivante et stratégique. Ces échanges, qui interviennent tout au long de l’année, à des dates fixées en fonction du calendrier de publication des résultats, répondent aux principaux objectifs suivants :
- tenir compte d’un flottant de plus en plus élevé dans la plupart des sociétés françaises, avec une détention moyenne hors de France de 50 % des actions, pourcentage parfois plus élevé dans certaines sociétés
- au-delà des procédures d’identification des actionnaires, obtenir une connaissance plus approfondie des comportements et des attentes des investisseurs
- faire face à la gestion du quorum et des votes en assemblée générale, ainsi qu’à la montée de l’activisme actionnarial
- enrichir le « benchmark » propre à l’entreprise cotée puisque la recherche des bureaux d’études est de plus en plus sectorielle et transfrontalière.

Cette approche couvre-t-elle le sujet de la relation de la société cotée avec le marché ? Sans doute pas, parce qu’elle se réfère à un univers relativement stabilisé. Et pourtant, les opérations financières, quelles qu’elles soient, se réfèrent aux mêmes impératifs de communication : explication claire des fondamentaux et intensifications des contacts avec les investisseurs.

En conclusion, les sociétés cotées doivent être totalement responsables des messages qu’elles délivrent au marché, dans une limite compatible avec une certaine confidentialité concurrentielle. Cependant le renforcement des obligations de tous ordres qui pèsent sur elles peut les conduire à une certaine réticence de communication en raison des risques encourus. Si cette réticence se confirmait, elle pourrait laisser une plus grande place aux discours extérieurs à l’entreprise, délicats à gérer et éventuellement à rectifier.

A propos de l’auteur
Nicole Micheletti est Deputy Chairman de l’IIRF (International Investor Relations Federation), organisme qui rassemble 26 associations nationales d’informateurs financiers (IROs) et d’experts en information financière : 7 000 « corporate members », 5 500 societés cotées, représentant plus de 80 % de leur capitalisation boursière nationale (Amériques, Asie, Europe). Elle est également Président d’Honneur du CLIFF (Association Française des Investor Relations), après une présidence de six ans. Entre 1971-2001, N Micheletti a exercé différentes fonctions au sein du groupe Essilor. 

Qu’est-ce que l’IIRF ?
L’International Investor Relations Federation a été créée en 1991 à l’initiative de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, quatre pays leaders en information financière. Membres : 26 pays, représentés par leurs associations nationales d’Investor Relations. En font partie : l’Europe, les Amériques et l’Asie. 7 000 corporate members, représentant 5 500 sociétés cotées, soit plus de 80 % de la capitalisation boursière de chaque pays. Prochaine Conférence annuelle à Tokyo, les 3 et 4 décembre 2007.

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